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Extraits par thèmes - Epiques

[Textes protégés par un numéro d'ISBN]

 

 

Des Dieux et des hommes

 

I

Je regrette Vénus croquant la rouge pomme

Avant que de péchés et maux, Dieu nous assomme,

Quand les deltas nus s’exhibaient à l’œil malin

Du jour, où les arbres et les fruits étaient tous pleins

Du nectar de l’Homme, la précieuse liqueur

Courant vers Perséphone, régénérant les  ardeurs

Aux lèvres roses, touchées par le bel oiseau

Saoulé d’amour, le plus sublime des appeaux.

 

Je regrette le temps de la douce Flora,

Pétales aux longs cheveux et pistils délicats,

Faisant pousser rouge fleur en prés et sous-bois

Qui proclame et qui chante « Maintenant, cueillez-moi ! »

Faisant chanter joli rossignol à la branche

Et pousser muguet vierge en de blancs dimanches,

Ce jour du Seigneur où Inuus cherche Demoiselle

Parfois sauvage ou offerte, parfois Cybèle.

 

Je regrette le temps de la noble Maïa

A la matrice ronde, au ventre qui pourvoit,

Portant jeunes pousses et bourgeons délicieux

Mélange des amours sous les yeux des grands Dieux,

Ravis par la terre vivante et par l’eau du fleuve,

Délivrant de la Croix et faisant ère neuve,

Faisant terre neuve de toute écume et charme,

Forgeant la délivrance des maudites âmes.

 

Ô Théia, Ô déesse

Claire, lumineuse qui instruit la tristesse,

Ils s’émerveilleront, disant « Que de beauté ! 

Que de gloire, que de merveilles vous aviez ! »

Comme le jour est le reflet à la prunelle,

Nous louerons ton éclat dans les hauteurs du ciel

Qui défait les lignes et voilera les contours,

Nous... attendant ton interminable retour.

 

Je regrette le temps de la grande Annona

Versant le bonheur, grande profession de foi,

Gorgée de félicité aussi d’abondance,

De belles fleurs, de roses aux pétales de chance,

La tête baignée d’huile, de myrrhe, d’origan

Et son croissant fertile qui survole le temps,

Penché sur la mamelle rose d’Edusa

Sucée par tant de bouches dont celle de l’enfant roi.

 

Je regrette le temps de la douce Mellona

Faisant miel de toute fleur, tant qu’elle ne fana

Et, son sexe poudreux de doré tout teinté,

Exhalait l’odeur des anges, de l’immensité

Qui naquit jadis d’argile et de sang, ravie

De jaillir des profondeurs, des jours noirs et gris,

D’un néant qui créa l’abeille là qui butine,

Toute vie, tout être qui suce la tétine.

 

Ô Stimula, Ô grande Prêtresse

Toi qui t’amuses et te joues de nos faiblesses

Nous querellant d’être si froides, si distantes,

Tu distilles l’élixir aux chaudes amantes,

Et cette brulure comme seul trou béant

Et cette passion où nous fûmes pris vivants,

Nous donne blanche écume à nos bouches avides

Faisant monter le plaisir à nos sexes frigides.

 

II

Il n’y a plus de Dieux, leur temps est révolu!

Adam est pitoyable et se retrouve nu,

Les chairs, lambeaux de son âme par les grands Tibre

Et Euphrate, errent en désirant être libres.

Ô joie de tous les diables à l’écorce maudite

Venez ! Et puis voyez la pauvreté des masses

Ternies par la sale moisissure qui chasse

La douceur de la harpe et le monde du cœur,

Comme un jour endeuillé d’un miséreux message

Annonçant de la lumière la fin de l’âge,

De la source virginale la terre sèche ;

La source s’évaporant au soleil qui lèche.

Voyez ! Comme leur chandelle éclairait le monde

Comme leur odeur apaisait la haine qui gronde !

Aux narines chaudes et fumantes, le parfum

De la paix charmait les autres et les uns,

Quels cris en nous et quelle torture accablante

Murant nos yeux à jamais, pour Minerve démente.

C’était le printemps fou et les fleurs gravitaient

A la lueur d’une aube où les Dieux se miraient,

Tu me dis : « Je me suis penchée sur la douleur

Qui enfante le rêve obsédant… puis je pleure »

Les diables guettent vos chers textes poétiques

Immondes à leurs yeux rouges, perçants et tragiques,

Les vents chassant en vain leurs nuages d’haleine,

Alors mon âme : « Vole vole ! Soit sereine !

Comme au temps de Vénus, la belle et ronde idole,

Sous un autre soleil nous ferons nos oboles. »

 

III

C’est le temps de l’Homme, et l’Homme est un Dieu

Mon cœur bat tristement sous le regard des cieux,

Plus de belles rondeurs, mon île est sous le vent,

Dans les ténèbres n’entre pas docilement !

« Gronde ! Au-delà de l’enfer le ciel est bleu,

Nos enfants marcheront, l’espoir au fond des yeux. »

Or un jour futur, tant je rêve que j’en tremble,

Sous la ferrure, les Hommes impies je rassemble,

« Hurle, hurle contre la mort de la lumière

L’Homme est un loup à la rondeur de la Terre,

Lève les yeux, vois ta place parmi les étoiles

Femme! Vois ton enfant soufflant toutes voiles ! »

Comme l’eau arrêtée au lit de la rivière

Maintenant je vois le monde et les Dieux de naguère.

 

 

 

IIII

En quoi crois-tu, Homme petit et misérable ?

Mortel, à la grandeur telle les grains de sable,

Ta lourde main posée sur la sphère qui pleure

En quoi crois-tu, Homme de la dernière heure ?

Tu es entré docilement dans les ténèbres

Courbant l’échine devant les heures funèbres,

Je te vois ramper dans les rues de ta faiblesse

Un jour, tu seras celui que la vie délaisse,

Argile sèche, à l’esprit subissant le joug

Tel Sisyphe, tu roules encore ton caillou,

Sous les nuées, tu oublies le sens du frisson

Ne ressens plus l’immaculée inspiration,

Tous les fleuves rêvent de mer et de houle

Mais toi tu vis sous ton cœur qui s’écroule.

 

IV

Si le temps revenait, si les Dieux rugissaient

Si la Terre et l’Olympe, un jour s’unissaient !

Vous ! Ô temps stériles hissez votre grande voile

Voyez au loin, la joie, les chansons, les étoiles,

Les tambourins grisés de danses et de rondes

Ont cloué au mur votre lendemain immonde,

Homme ! Soulève-toi et redresse la tête

Porte le regard vers le visage de tes Maîtres !

Ils te pardonnent, pauvre esclave mécréant

Mais tes haillons, abandonne là maintenant !

Huile ton amour et embaume ton esprit

Sur l’ardoise de ton cœur, écris une autre vie !


Date de création : 10/12/2014 @ 17:18
Dernière modification : 01/04/2017 @ 12:58
Catégorie : Extraits par thèmes
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Texte à méditer :   'Lorsque je me mets à écrire, l'encrier s'emplit de vers, ma plume de rêves et le papier blanc d'idées'   Fernando Arrabal
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