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Le lundi, c'est poésie - 2016 - 6 Juin-Jules Laforgues-Complainte de la lune en province

JULES LAFORGUE (1860 - 1887)

 

 

"Il avait trop froid au coeur ; il s'en est allé": une belle formule de Rémy de Gourmont (Le Livre des masques, 1896) pour résumer une existence aussi triste que fugitive. Disparu trop tôt pour avoir eu le temps de consacrer le mouvement de ceux qui osaient se proclamer "décadents", Jules Laforgue revêt la silhouette d'un pathétique Pierrot lunaire, hanté pour le tragique destin d'Hamlet dont il a fait son double littéraire. "Je ne suis qu'un viveur lunaire... Mais où sont les lunes d'antan?", confie-t-il dans l'un de ses poèmes (Des fleurs de bonne volonté). Sa Complainte de la lune en province (1885) ne peut manquer de rappeler la virtuosité de Musset, cet autre enfant prodige de la poésie, gagné avant lui par le mal du siècle.

 

 

 

Complainte de la lune en province

 

Ah! la belle pleine Lune,

Grosse comme une fortune!

 

La retraite sonne au loin,

Un passant, monsieur l'adjoint;

 

Un clavecin joue en face,

Un chat traverse la place!

 

La province qui s'endort!

Plaquant un dernier accord,

 

Le piano clôt sa fenêtre.

Quelle heure peut-il bien être?

 

Calme Lune, quel exil!

Faut-il dire: ainsi soit-il?

 

Lune, ô dilettante Lune,

A tous les climats commune,

 

Tu vis hier le Missouri,

Et les remparts de Paris,

 

Les fonds bleus de la Norvège,

Les pôles, les mers, que sais-je?

 

Lune heureuse! ainsi tu vois,

A cette heure, le convoi

 

De son voyage de noce!

Ils sont partis pour l'Ecosse.

 

Quel panneau, si, cet hiver,

Elle eût pris au mot mes vers!

 

Lune, vagabonde Lune,

Faisons cause et moeurs communes?

 

Ô riches nuits! je me meurs,

La province dans le coeur!

 

Et la lune a, bonne vieille,

Du coton dans les oreilles.

 

                                                                                   Les Complaintes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 15/06/2016 @ 16:58
Dernière modification : 15/06/2016 @ 17:20
Catégorie : Le lundi, c'est poésie - 2016
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Texte à méditer :   'Les meilleures et les plus belles choses du monde ne peuvent être vues ni même touchées. Elles doivent être ressenties avec le coeur'   Helen Keller
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