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Le Lundi, c'est poésie ! - Lundi 28 septembre 2015-Alfred De Musset-Ballade à la lune

ALFRED DE MUSSET (1810-1857)

 

Avec les Contes d'Espagne et d'Italie, publiés en décembre 1829, un jeune poète de 19 ans connaît un extraordinaire succès: "La lune comme un point sur un i" devient aussitôt une expression à la mode. Celui qui passe pour 'l'enfant prodige du romantisme' irrite beaucoup des Classiques, qui crient à la provocation et déchaîne l'enthousiasme des Romantiques, qui saluent l'exploit technique: lyrisme débridé, pittoresque impertinent et rythme capricieux. Mais dès 1831, Musset se moque de ceux "qui ont lu posément la Ballade à la Lune": une forme d'humour parodique - On pense au Maître Hugo dont le premier recueil d'Odes et Ballades est paru en 1822 - se même ici à une feinte naïveté.

Sur les trente-quatre quatrains qui composent la ballade, voici les onze premiers et les sept derniers...

 

 

C'était, dans la nuit brune

Sur le clocher jauni

   La lune

Comme un point sur un i.

 

Lune, quel esprit sombre

Promène au bout d'un fil,

   Dans l'ombre

Ta face et ton profil?

 

Es-tu l'oeil du ciel borgne?

Quel chérubin cafard

   Nous lorgne

Sous ton masque blafard?

 

N'es-tu rien qu'une boule,

Qu'un grand faucheux bien gras

   Qui roule

Sans patte et sans bras?

 

Es-tu, je t'en soupçonne,

Le vieux cadran de fer

   Qui sonne

L'heure aux damnés de l'enfer?

 

Sur ton front qui voyage,

Ce soir ont-ils compté

   Quel âge

A leur éternité?

 

Est-un ver qui te ronge,

Quand ton disque noirci

   S'allonge

En croissant rétréci?

 

Qui t'avait éborgnée,

L'autre nuit? T'étais-tu

   Cognée

A quel arbre pointu?

 

Car tu vins, pâle et morne,

Coller sur mes carreaux

   Ta corne

A travers les barreaux.

 

Va, lune moribonde,

Le beau corps de Phébé

   La blonde

Dans la mer est tombé.

 

Tu n'en es que la face

Et déjà, tout ridé

   S'efface

Ton front dépossédé.

[...]

 

Lune, entre notre mémoire,

De tes belles amours

   L'histoire

T'embellira toujours.

 

Et toujours rajeunie,

Tu seras du passant

   Bénie

Pleine lune ou croissant.

 

T'aimera le vieux pâtre,

Seul, tandis qu'à ton front

   D'albâtre

Ses dogues aboieront.

 

T'aimera le pilote

Dans son grand bâtiment

   Qui flotte

Sous le clair firmament.

 

Et la fillette preste

Qui passe le buisson,

   Pied leste

En chantant sa chanson...

 

Et qu'il vente ou qu'il neige,

Moi-même, chaque soir

   Que fais-je

Venant ici m'asseoir?

 

Je viens voir à la brume,

sur la clocher jauni

   La lune

Comme un point sur un i.

 

                                         Contes d'Espagne et d'Italie

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 28/09/2015 @ 11:23
Dernière modification : 28/09/2015 @ 12:28
Catégorie : Le Lundi, c'est poésie !
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Texte à méditer :   'Les fous sont ceux qui oublient de l'être par amour'   Alexandre Jardin
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