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Le Lundi, c'est poésie ! - Lundi 31 août 2015-Victor Hugo-L'Art d'être grand-père

 

En 1877, Hugo, élu sénateur, est devenu le patriarche vénérable des lettres françaises; la fin de sa vie, endeuillée par la disparition des êtres chers, est éclairée par l'affection des petits-enfants, Georges et Jeanne, pour qui il a composé "L'Art d'être grand-père".

Sur un rythme de comptine propre à bercer les petits, ce poème déroule le nostalgique refrain des vieilles chansons d'antan.

 

 

L'Art d'être grand-père  (livre II)

 

Le brouillard est froid, la bruyère est grise;

Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs;

La lune, sortant des nuages noirs

Semble une clarté qui vient par surprise.

 

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

Le voyageur marche et la lande est brune;

Une ombre est derrière, une ombre est devant;

Blancheur au couchant, lueur au levant;

Ici crépuscule, et là clair de lune.

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

La sorcière assise allonge sa lippe1;

L'araignée accroche au toit son filet;

Le lutin reluit dans le feu follet

Comme un pistil d'or dans une tulipe.

 

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où;

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

On voit sur la mer des chasse-marées;

Le naufrage guette un mât frissonnant;

Le vent dit: demain! l'eau dit: maintenant!

Les voix qu'on entend sont désespérées.

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

 

Le coche qui va d'Avranche à Fougère2

Fait claquer son fouet comme un vif éclair;

Voici le moment où flotte dans l'air

Tous ces bruits confus que l'ombre exagère.

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où

maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

Dans les bois profonds brillent des flambées;

Un vieux cimetière est sur un sommet;

Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu'il met

Dans les coeur brisés et les nuits tombées?

 

Je ne sais quand, je ne sais où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

Des flaquent d'argent tremblent sur les sables;

L'orfraie3 est au bord des talus crayeux;

Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux

Le vol monstrueux et vague des diables.

 

Je ne sais quand, je ne sais où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

Un panache gris sort des cheminées;

Le bucheron passe avec son fardeau;

On entend, parmi le bruit des cours d'eau,

Des frémissements de branches traînées.

 

Je ne sais quand, je ne sais où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

La faim fait rêver les grands loups moroses;

Le rivière court, le nuage fuit;

Derrière la vitre où la lampe luit,

Les petits enfants ont des têtes roses.

 

Je ne sais quand, je ne sais où,

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où

Maître Yvon soufflait dans son biniou.

 

 

1 - Lèvre inférieure épaisse et proéminente

2- Deux villes de Bretagne reliées par diligence (le coche)

3- Oiseau de proie diurne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 01/09/2015 @ 09:27
Dernière modification : 01/09/2015 @ 10:54
Catégorie : Le Lundi, c'est poésie !
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Texte à méditer :   "Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie. Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu"   Henry David Thoreau
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