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Ils chantent la poésie - Serge Gainsbourg

 

 

  • Gainsbourg chante Prévert

La chanson de Prévert

https://www.youtube.com/watch?v=ai1JLPp4UMA

 

 

  • Gainsbourg chante Verlaine

Je suis venu te dire que je m'en vais

https://www.youtube.com/watch?v=xLCj3XpBEQ0

Découvrez pourquoi cette chanson est un hommage à Verlaine, en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://lewebpedagogique.com/verlainelepoete/2011/03/10/serge-gainsbourg/

 

 

  • Gainsbourg chante Musset

Chanson d'automne

https://www.youtube.com/watch?v=j96FuiIAW0s

 

 

  • Gainsbourg chante Shakespeare

La noyée

https://www.youtube.com/watch?v=4oMrPdOQYr0

Le personnage provient de la pièce de Shakespeare, «Hamlet». Fille de Polonius et sœur de Laërte, Ophélie est amoureuse de Hamlet qui feint de ne pas l’aimer en retour. Lorsqu’il tue Polonius par erreur, Ophélie devient folle et on la retrouve noyée dans un ruisseau. Dans la pièce, toute la question est de savoir si sa noyade est un accident ou un suicide. C'est devenu un véritable thème pictural et littéraire, quand Rimbaud rédige à son tour, en 1870, un poème intitulé «Ophélie».

Un siècle plus tard, en 1971, Gainsbourg écrit «la Noyée». Son défi est alors de proposer une nouvelle lecture de l’histoire et surtout d’arriver à passer après Rimbaud. Curieusement, le mot «noyée» n’était pas présent chez le poète. Son Ophélie semblait avoir été victime d’un accident: «Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!». En choisissant pour titre «la Noyée», Gainsbourg privilégie la thèse du suicide et se rapproche davantage de la version shakespearienne.

Créée pour le film d’Abraham Polonsky, «Le Roman d’un voleur de chevaux», la chanson n’est interprétée qu’une seule fois par Gainsbourg en 1972 et n’est disponible à la vente qu’en 1994. Bien qu’inconnue du grand public, elle est l’une des plus poignantes de son répertoire et la musique renforce le sentiment de désespérance qui émane des paroles.

 

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Mais Gainsbourg ne s’arrête pas là : en 1990, il signe une nouvelle version pour Vanessa Paradis. Cette fois, la musique est pop-rock et enlève à la situation de la «belle Ophélie» sa dimension dramatique. Pour obtenir d’un garçon qu’il l’aime autant qu’elle l’aime, la chanteuse explique qu’elle voudrait prendre la place de cette fascinante héroïne. L’écriture est moderne et caractéristique de Gainsbourg: «Des traces de cent/Pour cent c’est là le sang/Comme celui d’Ophélie/Se ronger les sangs/À quoi bon les san-/Glots dans l’ennui».

Cependant, on trouve deux références à la version de Rimbaud. D’une part, Gainsbourg utilise le décor de «la nuit» comme faisait le poète; d’autre part, alors que Rimbaud écrit «Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle» et évoque les «lys», les «saules» et les «roseaux», Gainsbourg fait allusion aux «nénuphars» et aux «plantes rares».

Ci-dessous le lien vers la chanson:

Ophélie

https://www.youtube.com/watch?v=CmotuGGkHT4

 

 

  • Gainsbourg chante Rimbaud

Elisa

En 1969 sort la célèbre chanson «Élisa», dans laquelle Gainsbourg réclame à une jeune femme de lui inspecter le cuir chevelu. Il est très probable que cette idée lui soit venue d’un poème de Rimbaud intitulé «Les chercheuses de poux». Le poète y décrit le rituel de «deux grandes sœurs charmantes» (on ignore si elles sont religieuses ou sœurs de sang) qui tuent les poux cachés dans la tête d’un «enfant». La mort des poux donne alors lieu à une scène placée sous le signe de l’excitation des sens et du plaisir (toutes proportions gardées) à la fois sadique: «Il écoute chanter leurs haleines craintives/Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés/Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives/Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers»; et masochiste: «L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses/Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer».

Adorateur de Rimbaud, Serge Gainsbourg a nécessairement lu ce poème. On peut imaginer que ce tableau lui plaît. Si «Élisa» n’a jamais été revendiquée comme une réécriture des «Chercheuses de poux», elle est l’exemple même d’une lecture digérée qui a permis à l’auteur d’inventer, au sens premier de dé-couvrir, un thème littéraire décoiffant. Là où Rimbaud use et abuse de qualificatifs: «Avec de frêles doigts aux ongles argentins», «leurs doigts fins, terribles et charmeurs», «leurs doigts électriques et doux» et «leurs ongles royaux», Gainsbourg économise ses mots:

Élisa, Élisa
Élisa saute-moi au cou
Élisa, Élisa
Élisa cherche-moi des poux,
Enfonce bien tes ongles,
Et tes doigts délicats
Dans la jongle
De mes cheveux Lisa

La figure enfantine ne disparaît pas tout à fait puisque la chasse aux poux prend la forme d’un jeu d’enfants qui ont «treize, quatorze ans à [eux] deux». La vérité, c’est qu’Élisa est une jeune femme qui joue à la coiffeuse avec un homme qui a deux fois son âge: «Tes vingt ans, mes quarante/Si tu crois que cela/Me tourmente/Ah non vraiment Lisa». Certainement suscité par la rime en [ente], le verbe tourmenter fait cependant écho au premier vers de Rimbaud: «Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes».

 

 

  • Gainsbourg chante José-Maria de Heredia

Mélody Nelson

Pour l’écriture des deux sonnets dont est composée «Cargo culte», la chanson finale de l’«Histoire de Melody Nelson», Gainsbourg s’est ouvertement inspiré de la poésie de José-Maria de Heredia, l’un des maîtres du mouvement parnassien. Il l'avait confié à Patrick Chompré et Jean-Luc Leray, alors journalistes pour France-Culture:

Il y a parfois une prosodie qui est d’une telle sophistication qu’elle ne peut se mettre en mélodie [...] le sonnet, je pense que c’est ce qu’il y a de plus pur dans la prosodie, dans la rigueur de la poésie, et ce qui m’a subjugué, c’est tout simple, c’est Heredia : "Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal", etc. Je commence à aborder la poésie dans son état pur et rigoureux. Donc c’est ici un tournant décisif.

Le vers qu’il cite est extrait du poème «Les Conquérants», dans lequel Heredia narre le voyage de Conquistadors «espérant des lendemains épiques». Le voyage de Melody, lui, n’est pas à destination de l’Amérique: elle veut revoir «le ciel de Sunderland», ville d’Angleterre dont elle est originaire. «Cargo culte» est une version pessimiste voire désespérée du poème qui transforme les Conquérants en des «naufrageurs naïfs armés de sarbacanes». Le culte du cargo fascine Gainsbourg, son narrateur finit par s’identifier aux «sorciers»: eux prient le ciel de leur envoyer des marchandises, lui pour que les cieux lui «rendent [s]es amours dérisoires».

 

 

  • Gainsbourg chante Edgar Allan Poe & Beaudelaire

Initiale B.B.

https://www.youtube.com/watch?v=VPOYtC1n5bE

L’une des chansons mythiques de Gainsbourg trouve son origine à la fois chez Edgar Allan Poe et chez Baudelaire. Le premier couplet (à gauche) s’inspire librement de la première strophe du poème «le Corbeau» de Poe (à droite - et d’ailleurs traduit en français par Baudelaire):

Une nuit que j’étais
À me morfondre
Dans quelques pubs anglais
Du cœur de Londres

Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué,

Parcourant l’Amour Mon-
Stre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l’eau de Seltz

Sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée,
Pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement,
Comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre.

Pour démarrer sa chanson, Gainsbourg ne reprend pas la traduction de Baudelaire mais il est étonnant de constater qu’un poème des «Fleurs du mal» commence par ces mots: «Une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive». La fameuse construction syntaxique qui ouvre «Initials B.B.» est donc une réminiscence du poème «XXXII» de «Spleen et Idéal».

Et ce n'est pas tout. Le reste de la chanson contient des souvenirs plus ou moins flous d'au moins trois autres poèmes du recueil: «Hymne à la Beauté», «Parfum exotique» et «Les Bijoux». Comparons:

Jusques en haut des cuisses
Elle est bottée
Et c’est comme un calice
À sa beauté

Tu contiens dans ton œil le couchant et l’aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l’enfant courageux.

(«Hymne à la beauté», v. 5-8)

Le «calice à sa beauté» n'est-il pas une image voisine de celle créée par Baudelaire au troisième vers avec «et ta bouche une amphore»? Continuons:

Elle ne porte rien
D’autre qu’un peu
D’essence de Guerlain
Dans les cheveux

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

(«Parfum exotique», v. 9-14)

L’essence de Guerlain portée par Brigitte Bardot est bien le parfum exotique qui la guide vers le port d’Alméria, au grand dam de Serge Gainsbourg. De façon plus évidente, deux couplets de la chanson font immédiatement penser aux «Bijoux» de Baudelaire:

À chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d’argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot :
Alméria

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,

Tandis que des médailles
D’impérator
Font briller à sa taille
Le bronze et l’or
Le platine lui grave
D’un cercle froid
La marque des esclaves
À chaque doigt

Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Cette chanson s’avère un véritable palimpseste dont les différentes strates se révèlent à mesure qu’on l’écoute, le tout étant renforcé par l’emprunt du thème principal à Dvorák. «Initials B.B.» devient, sous la plume de Gainsbourg, la symphonie d’un nouveau monde sans Brigitte Bardot.

 

 

Lien vers cet excellent article du Nouvel Obs:

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20140728.OBS4884/comment-serge-gainsbourg-a-remixe-rimbaud-baudelaire-poe.html

 

 


Date de création : 06/08/2015 @ 11:12
Dernière modification : 04/02/2016 @ 19:19
Catégorie : Ils chantent la poésie
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Texte à méditer :   "Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie. Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu"   Henry David Thoreau
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